Sous la direction de Stéphane Bikialo et Julien Rault

Longtemps négligée (voire exclue) de la linguistique, au même titre que ce qui relevait de l’écriture (Anis), la ponctuation est désormais au cœur de nombreux travaux ; les débats persistent sur l’élargissement à donner au mot même de ponctuation (au niveau des signes ou des marques, au niveau des champs concernés), sur le statut (sémiotique, sémantique ou translinguistique pour reprendre la tripartition de Benveniste), sur sa ou ses fonctions (prosodique, graphique, logique, syntaxique, sémantique, pragmatique…).

Si la ponctuation est à la fois omniprésente et sujette à caution ou à débat dans les sciences du langage, c’est sans doute en raison du très riche imaginaire qu’elle met en œuvre. La langue française présente cette particularité de générer de nombreux discours spécialisés ou quotidiens, chacun ayant son mot à dire, ses jeux à faire, ses prescriptions à formuler : la ponctuation est le terrain privilégié de ces discours épilinguistiques spontanés ou non, spécialisés ou non, au sens où Cécile Canut définit ce terme de manière élargie :

J’ai repris […] le terme épilinguistique pour montrer que l’activité épilinguistique dégagée par Culioli peut entraîner toutefois des discours autonomes sur les formes langagières par tous les locuteurs (y compris les linguistes), nous autorisant à concevoir les discours épilinguistiques comme une catégorie recouvrant aussi les discours métalinguistiques, quelle que soit leur objectivation scientifique. Ils caractérisent donc tout type de discours autonome sur les langues ou les pratiques. Ces discours ne peuvent, en eux-mêmes, nous dire tout du langage puisque, fondamentalement, c’est dans cette part qui échappe au chercheur que se loge la relation singulière du sujet au langage faite d’abord de sentiments, d’impressions et d’imaginaires.

Sommaire

Introduction
Stéphane Bikialo et Julien Rault

Ponctuer en 1550 : l’exemple de Louis Meigret
Cendrine Pagani-Naudet

La ponctuation entre imaginaire et sentiment linguistique
Gilles Siouffi

Le point de suspension. Idéogramme libertin du XVIIIe siècle
Julien Rault

Style, phrase, rythme « hachés » : quel imaginaire ponctuant de la coupure ?
Jacques Dürrenmatt

Pratiques du tiret dans l’écriture en prose contemporaine : l’exemple de Laurent Mauvignier, Bernard Koltès et Marie NDiaye
Catherine Rannoux

Imaginaire de la ponctuation dans l’écriture contemporaine. Une enquête.
Stéphane Bikialo

Qu’est-ce que la « valeur expressive » en grammaire ? Le cas de la ponctuation
Éric Bordas

La ponctuation choisie des peu-lettrés, d’après « Corpus 14 »
Agnès Steuckardt

S’inscrire singulièrement dans la langue. L’imaginaire de la ponctuation dans les écrits de poilus ordinaires et dans les textes d’écrivains combattants
Anne-Laure Kiviniemi

Emplois de la virgule en portugais : une réflexion à partir de textes de scripteurs brésiliens
Geovana Soncin & Luciani Tenani

Une ponctuation fantasmée (hantée par l’oral) : des signes imparfaits aux signes rêvés…
Myriam Ponge


2018 – 226 pages – Format : 17×24,5 cm
isbn : 978-2-84016-308-4 – Prix : 15€
Langue : français